“Le même après-midi où j'ai appris que j'étais enfin enceinte, le médecin m'a tendu ma condamnation à mort : cancer de l'estomac, stade 4. Je suis rentrée pour l'annoncer à mon mari, Adrien, mais j'ai été interrompue par l'appel d'une femme nommée Katia. - Il fait sa "Tournée d'Adieu de 100 Jours" avec moi, jubilait-elle. Il profite une dernière fois avant de retourner à sa vie ennuyeuse et à ses devoirs de père. Pendant les trois mois qui ont suivi, je me suis éteinte en silence, tandis qu'Adrien vivait sa meilleure vie avec elle. Il mettait ma perte de poids sur le compte des nausées matinales et mes vomissements sur celui des hormones, sans jamais regarder d'assez près pour voir le sang. Le jour de mon anniversaire, l'ultime jour de sa "tournée", il m'a acheté un gâteau, m'a bordée dans mon lit, et est immédiatement parti célébrer leur grand final dans une chambre d'hôtel, juste en face de chez nous. Il pensait qu'il lui suffirait d'appuyer sur un interrupteur pour reprendre notre mariage quand il serait prêt. Il ignorait que pendant qu'il murmurait des promesses à sa maîtresse, je signais nos papiers de divorce. J'ai mis fin à cette grossesse qu'il prétendait tant désirer et j'ai laissé le dossier médical bien en vue sur la table. Le temps qu'il rentre pour jouer son rôle de mari dévoué, j'étais déjà partie.”