“Pendant trois ans, mon fiancé, Maxence, m'a gardée dans une clinique de luxe en Suisse, m'aidant à me remettre du stress post-traumatique qui avait fait voler ma vie en éclats. Quand j'ai enfin été acceptée au Conservatoire de Paris, j'ai réservé un aller simple pour New York, prête à lui faire la surprise et à commencer notre avenir. Mais au moment où je signais mes papiers de sortie, la réceptionniste m'a tendu un certificat de rétablissement officiel. Il était daté d'un an. Elle m'a expliqué que mes « médicaments » des douze derniers mois n'étaient que des compléments vitaminés. J'étais en parfaite santé, une prisonnière captive de faux rapports médicaux et de mensonges. J'ai pris le premier avion pour Paris et je suis allée directement à son cercle privé, pour le surprendre en train de rire avec ses amis. Il était marié. Il l'avait été pendant les trois années où j'étais enfermée. « Je gère le cas Alina », disait-il, la voix pleine d'amusement. « Quelques rapports modifiés, les bons "médicaments" pour la garder dans le brouillard. Ça m'a acheté le temps dont j'avais besoin pour assurer mon mariage avec Chloé. » L'homme qui avait juré de me protéger, l'homme que je vénérais, avait orchestré mon emprisonnement. Mon histoire d'amour n'était qu'une note de bas de page dans la sienne. Plus tard dans la soirée, sa mère a fait glisser un chèque sur la table. « Prends ça et disparais », a-t-elle ordonné. Trois ans plus tôt, je lui avais jeté un chèque similaire au visage, en déclarant que mon amour n'était pas à vendre. Cette fois, je l'ai ramassé. « D'accord », ai-je dit, la voix vide. « Je partirai. Après l'anniversaire de la mort de mon père, Maxence de Villiers ne me retrouvera plus jamais. »”