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Bohemia

Chapitre 2 No.2

Nombre de mots : 1743    |    Mis à jour : 20/07/2022

coin. Comme je n'étais pas pressé, j'avais pris mon temps et, sans m'en rendre compte, je comptai parmi les derniers clients

is dans la rue, quand

gens. (Où étaient-ils donc tous passés ?) Par les magasins fermés. Par cette brise légère, indolente et

e d'angoisse de la mort qui tue ». Angoisse de la mort avec un grand M. La mienne et cell

vrai froid, dans la globalité de mon système nerveux. Je me mis à respirer de plus en plus fort et à cherche

de temps qu'il n'en faut pour regarder un épisode de sitcom, puis enchaînai a

m'était arrivée en sortant de la supérette, je sentais immédiatement mon sang se

oi, les jours suivants

r, mais assez pour ne pas avoir faim. J'essayais de me plonger dans le travail et de répondre à toutes les sollicitations le plus vite possible. Je participais au

eci ne me l

je faisais avait-il vraiment du sens ? Si je disparaissais, qui s'en soucierait ? Mes parents probablement, et encore ils étaient beaucoup plus proches de mon frère et de sa famille

nt, je craquais. Je regardais un énième épisode de série, ou buvais un verre, ou allais sur un site porno, ou le

plus de café. Conséquence de cela, le soir,

en ce moment. Et puis avais-je vraiment envie de raconter les détails de ma triste vie à un in

quelle série, et commençai à m'endormir, quand je fus brutalement réveillé par des cris. Je me levai

ôté. Qu'est-ce qu'ils disaient ? Je n'entendais pas distinctement les mots. Mon esprit était embrumé. L'homme était en colère pour je ne sais quelle raison et la femme hurlait à n'en plus fi

ans ma tête un faux silence où j'entendais encore, de très loin, ces cris stridents qui devenaient alor

musique avec des boules quies et un casque, la tête cachée sous un oreiller. Mais rien n'y fit. J'entendais toujours ces cris. Les entendais-je vraiment ? En tout cas ils hantaient mon cerveau et étaient toujours

tes réduit, mais dans lequel je pouvais mettre un matelas. Sur le moment, cela me parut la meilleure

mes affaires

us tard, et cela ressemblait à un véritable nid – ou plutôt terrier – douillet, isolé du reste du monde, comme perdu dans les entrailles de la Terre. L'avantage était qu'il n'y avait pas de réseau, que je n'avais pas accès à mon ordinateur, et que je n'étais tenté par rie

alement ces personnages s'enfoncer dans des tunnels de plus en plus profonds, pour finalement découvrir ces lieux extraordinaires, peuplés d'êtres vivants non moins extraordinaires. Que j'avais aimé lire c

, j'entendi

animal ? Pour répondre à mon interrogation, un couinement se fit entendre. Un rat. Je me redressai et cherchai mon portable. Pourquoi n'y avais-je pas pensé plus

pas directement l'animal, j'en aurais eu une crise cardiaque. Mais tout de su

là ? Sérieusement, qu'e

somniaque, enfermé dans sa cave, seul parmi les rats, sirotant

m'arrêter. Jamais je ne m'étais senti aussi miséra

ourant d'air. Je mis du temps à réagir.

et, pour la premiè

pas

de large. Et au-delà de ce trou, il y avait un tunnel, comme on peut en

asourdi, et le

réfonds de mes entrailles, ce qui me coupa littéralement le souf

mes membres à couper. Comment était-il arrivé là

respiration, doucement, douloureusement. Mon épiderme, qu

c mon téléphone et regardai à l'intérieur. Au bout de quelques mètre

insi pendan

u tunnel. Une odeur d'herbe mouillée ? D'où pouvait-elle provenir ? Je re

e mon cœur s'accélérer, pris une grande inspiration, puis m'engouffrai d

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Bohemia
“Mars 2020. Fred, citadin célibataire, vit très mal le confinement qui le met face à sa solitude et le plonge dans une angoisse existentielle sans nom. Un soir, afin de fuir une dispute de voisinage qui l'empêche de dormir, il se réfugie dans sa cave et y découvre un passage menant vers un monde échappant à toute explication rationnelle, et où tout semble possible : Bohemia. À PROPOS DE L'AUTEUR Avec Bohemia, Thierry Detter nous ouvre les portes d'un monde utopique à portée de main, reflet inversé de nos sociétés modernes pleines de contraintes.”