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Dix ans après son abandon

Chapitre 2 Dix ans de silence

Nombre de mots : 1724    |    Mis à jour : 02/09/2026

rs qu'on ne range

us. Et pendant des années ça tient. Ça tient parce qu'on travaille dur, parce qu'on dort peu, parce qu'on remplit chaque heure avec quelque cho

leure élève de c

je n'ai presque p

aine posé fermé sur ma table basse , je sens la terre bouger s

s ving

à lui. Pas ses mains. Pas sa voix. Juste ce chiffre. Vingt ans. L'âge où l'on croit encore que

ait avec cette légèreté désinvolte propre aux gens qui n'ont jamais eu à s'inquiéter de rien. Moi j'étais boursière. Logée dans une c

est experte dans l'art de maintenir les

mbre. Ce livre qu'on avait voulu prendre tous les deu

e était plus simple qu'il n'était. J'ai mis trois semaines à comprendr

és pendant d

it. J'avais mis du temps à comprendre pourquoi on ne se voyait jamais dans son monde à lui. Il avait toujours une explication. Une réunion de famille. Un dîner

ut ce que je m'autorise

trois fois parce que je ne voulais pas croire ce que je voyais. Trois mois. J'étais enceinte de trois mois sans l

édiatement. Il avait décro

-huit mois, il avait dit : Viens. J

il était là, qu'on allait traverser ça ensemble. Je m'étais habillée avec soin, j'avais pris le métro jusqu'au sei

Raphaël m'a

ard qui inventorie et classe en moins de deux secondes. Elle m'avait regardée co

à ce monde-là avec cette évidence tranquille des gens qui n'ont jamais douté de leur place. Je

s s'étaien

ais

ait pas

demandé : Raph

ncer qu'il allait être père, l'homme dont je croyais connaître la couleur du silence et la chaleur des

ais pas ce

re m

hisme. Parce qu'ils sont devenus ma boussol

orga

t pour indiquer la sortie à quelqu'un qui n'aurait pas dû entrer. Et moi, vingt ans, trois mois de grossesse, j'avais regardé Raphaël u

détourné

banc et j'avais regardé les rames passer pendant un long moment sans prendre la moindre décision. Parce

chambre de neuf mètres carrés, que j'av

s appeler. Pas pl

quelque chose d'indes

ux dans le noi

laisser remonter. Ma tasse de thé est froide à côté de moi. Paris brille derrière la vitre avec cette indifférence

ier Fontaine su

odiquement pendant des années. Pas par obsession. Par préparation. J'avais su que ce moment viendrait. Je m'y étais préparée comme on prépare un procès.

t ce que ça ferait de voir son no

le Fo

out ce chemin parcouru, deux mots sur une feuille de papier

seulement très bien appris à

ns qui ont signé des conclusions, retourné des audiences, construit dossier après dossier le nom que je porte aujourd'hui. Des mains qui ont tenu Mathis le soir

se à m

deviennent trop lourdes. Mathis est mon nord mag

chambre avec les précautions d'usage. Il do

n sommeil. Je regarde ce profil que je connais par cœur et qui continue pourtant de me sur

ses sourcils se rejoignen

pas de finir

ama

mmeil. Mathis a entrouvert les yeux, il

, je dis dou

travail

me to

x. Deux secondes d

'ai contrô

is. Tu

sais ri

i, Je te

le grognement et le sourire, et il se rendort.

absolue dans le fait que le mon

minutes assise sur le bor

eau que j'ai préparé pendant dix ans sans l

terrain où c'est moi qui pose les règles. Je

n premier. À ce qu

es mains à l

ça n'a aucu

'est que moi je m

de la chambre,

iroir et me regarde une longue seconde.

que Raphaël Fontaine a regardée dans les yeu

ait de la douceur. Un regard là où l'autre a

airement que ce qu

pire, c'est moi qui

Raphaël Fontaine en

'est moi qui tie

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Dix ans après son abandon
Dix ans après son abandon
“Certaines femmes pleurent leur trahison. D'autres la transforment en empire. Naïa Kouassi avait vingt ans, un amour absolu et un enfant qui grandissait en silence dans son ventre, quand Raphaël Fontaine l'a regardée dans les yeux et a dit à sa famille : Je ne connais pas cette femme. Elle n'a pas crié. Elle n'a pas supplié. Elle est partie. Dix ans plus tard, Maître N. Kouassi est l'avocate la plus redoutée de Paris. Froide et Implacable. Personne dans les prétoires ne connaît son prénom. Personne ne sait d'où elle vient. Et personne, absolument personne, ne sait qu'elle a bâti chaque diplôme, chaque victoire, chaque réputation avec une seule idée gravée au fond de sa poitrine : être là le jour où la famille Fontaine aurait besoin d'elle. Ce jour est arrivé. La dynastie Fontaine s'effondre. Scandales, dettes cachées, guerre de succession entre héritiers. Leur empire a besoin d'un sauveur. Leur cabinet les oriente vers la meilleure avocate de Paris, sans savoir qui elle est vraiment, sans savoir ce qu'elle attend depuis dix ans dans l'ombre. Raphaël entre dans son bureau sans savoir dans quelle gueule du loup il pose le pied. Il ne la reconnaît pas tout de suite. Elle a changé. Il n'y a plus trace de la jeune femme éperdue qu'il a abandonnée sur un trottoir. La femme qui se tient devant lui rayonne d'une puissance froide, calculée, absolue. Mais elle, elle n'a rien oublié. Pas un mot. Pas une seconde. Pas le son de sa voix ce soir-là. Il lui tend la main pour se présenter. Elle la serre avec le sourire parfait d'une professionnelle. Je connais votre dossier mieux que vous ne le pensez, Monsieur Fontaine. Ce qu'il ignore. Leur fils de neuf ans croit que son père est mort. Sa propre mère a tout orchestré pour séparer Naïa de lui. Et Naïa tient aujourd'hui les preuves entre ses mains. Elle décide seule si elle les utilise ou..... Ou si elle les brûle.”