le souffle régulier de Fadil et par le battement de mon propre cœur. Je suis restée allongée sans bouger, les yeux ouverts, à revoir ces trois mots comme si quelqu'un les avait gravés sur mes paup
éjà emprunté. Il s'était excusé de m'avoir dérangée avant même de savoir qui j'étais, puis il m'avait proposé de partager le livre en s'asseyant en face de moi, sans un mot de trop, sans cette assurance agaçante des garçons qui savent qu'ils plaisent. Il m'avait rac
obtenu sa première bourse, et où Fadil avait levé son verre avec un enthousiasme si appuyé que j'y avais vu de la joie sincère. Aujourd'hui, en repensant à ce regard, je croyais y discerner autre chose,
yeux et fait semblant de dormir encore, me demandant comment je parviendrais à soutenir son regard. Quand je suis descendue, il avait déjà préparé le petit déjeuner des jumeaux, qui riaient à table en se d
s jumeaux sur le front, puis moi sur la joue, et j'ai senti sur sa peau la fraîcheur du savon et l'odeur de son eau de toilette, celle que je lui offrais depuis des années. Je lui ai demandé s'il avait besoin que j'appell
ie à mon tour. Dans la rue, j'ai aperçu Fadil qui tournait au coin de l'avenue, son sac de sport sur l'épaule. Il marchait vite, la tête un peu baissée, avec cette démarche que je lui connaissais qua
ans le rétroviseur, curieux mais discret, puis il a démarré en silence. Nous avons traversé le pont de Brooklyn dans le flot des voitures, sous un ciel de plomb, et j'ai serré mon sac contre moi en regardant le tax
ne lui connaissait pas. Je lui ai répondu que je suivais Fadil en ce moment même, et sa réponse est arrivée si vite que j'ai deviné qu'elle avait le téléphone dans la main : « Ne prenez aucun risque. Donnez-mo
en payant en hâte, puis je me suis cachée derrière un kiosque à journaux d'où je pouvais tout voir sans être vue. Fadil est resté quelques secondes sur le trottoir, à regarder autour de lui d'un air méfiant, puis il a poussé la porte de la s
ant la porte, a jeté un long regard sur la rue, et ses yeux ont balayé le kiosque derrière lequel je me tenais, sans s'y attarder. J'ai cessé de respirer. Puis il est entré à son tour,
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