“Je pensais que sortir de la cave de mon ravisseur après huit ans d'enfer était la fin de mon calvaire, mais ce n'était que le début. Mon père, le puissant Parrain Damien Marchand, a regardé mon visage de douze ans et n'y a vu que le monstre qui nous avait séquestrées. Il était convaincu que j'étais le fruit du viol de sa femme, me qualifiant de « souillure » dans sa lignée si pure. La vie au domaine était un cauchemar. J'étais forcée de récurer les sols pendant que sa belle-fille, Chloé, vivait comme une princesse. Un jour où je mourais de faim, Damien m'a surprise en train de manger dans les poubelles et s'est moqué de moi. Quand Chloé a ordonné à un Doberman de m'attaquer, déchiquetant ma jambe sur la pelouse immaculée, il s'est contenté de regarder et a dit aux gardes de me recoudre sans anesthésie. Pourtant, quand il se mourait d'une blessure par balle et que l'hôpital était à court de sang, c'est moi qui me suis portée volontaire. J'ai donné deux poches de mon sang pour le sauver, espérant qu'il me verrait enfin. Il ne m'a pas vue. Dès qu'il a été stable, sa mère m'a jetée dehors, me livrant à l'Aide Sociale à l'Enfance comme un déchet indésirable. Ils n'ont réalisé qu'une fois la voiture partie que le dossier médical sur la table contenait un secret. Mon sang n'était pas impur. L'ADN correspondait à 99,9 %. Je n'étais pas la fille du ravisseur. J'étais la sienne. Quand ils sont finalement revenus des années plus tard, suppliant mon pardon, je ne leur ai pas offert un câlin. Je leur ai tendu un avis d'expulsion.”