“Pendant trois ans, mon mari, Charles de la Roche, a souffert de troubles de l'érection. Du moins, c'est ce qu'il me disait. C'est moi qui l'avais sorti d'un terrible accident de voiture en flammes, et ce mariage était sa promesse de chérir les mains qui l'avaient sauvé. Mais ce soir, je l'ai surpris avec ma belle-sœur, Juliette. Il lui a avoué que son état était un mensonge pour éviter de me toucher, et qu'il l'avait toujours aimée. Notre mariage n'était qu'une mascarade pour apaiser son grand-père. Les trahisons n'ont cessé de s'accumuler. Il a prétendu que c'était elle qui l'avait sauvé. Il m'a abandonnée lors d'un glissement de terrain pour la secourir. Quand je me suis réveillée à l'hôpital avec des côtes cassées, il m'a demandé de donner un greffon de peau de ma jambe pour réparer une égratignure sur son visage. Il voulait mutiler mon corps pour la femme qui m'avait volé ma vie, la femme qui portait son enfant secret. Mon amour était un fardeau, mon sacrifice une blague dont ils riaient en cachette. Puis j'ai découvert l'ultime vérité, celle qui m'a anéantie : notre certificat de mariage était un faux. Je n'avais jamais été sa femme, juste un simple bouche-trou. Cette nuit-là, j'ai pris mon téléphone et j'ai appelé la seule personne dont il m'avait mise en garde. « Alexandre », ai-je murmuré, la voix brisée. « J'ai besoin de partir. Peux-tu me rejoindre en Europe ? »”