“Il y a cinq ans, mon tuteur, Augustin de Valois, m'a envoyé une vidéo du cheval de mon enfance conduit à l'abattoir. Puis il m'a jetée à la rue, brisée et sans un sou. Ce soir, je suis revenue à leur gala annuel, non plus comme la pupille sans défense, mais comme une femme puissante, prête à prendre ma revanche. Mais lui et sa fiancée, Cassandre, me voyaient toujours comme le déchet dont ils s'étaient débarrassés. Elle m'a narguée, me demandant si j'étais à court d'argent, avant de « trébucher » et d'inonder ma robe en soie blanche de vin rouge. Elle m'a regardée avec une joie mauvaise, s'attendant à ce que la fille brisée d'il y a cinq ans fonde en larmes. Augustin, lui, observait la scène, un sourire narquois et blasé aux lèvres, me disant de retourner dans le caniveau d'où je venais. Ils voulaient une réaction. Ils voulaient la fille hystérique qu'ils avaient détruite. Ils n'avaient aucune idée que le souvenir de la mort de mon cheval avait tout gelé en moi, nourrissant une rage glaciale qui avait mijoté pendant une demi-décennie. Je n'ai même pas jeté un regard à la tache. Au lieu de ça, j'ai calmement pris une bouteille de champagne pleine sur le plateau d'un serveur qui passait. « Ne t'en fais pas, ai-je dit d'une voix dangereusement douce. Les accidents, ça arrive. » Puis j'ai balancé la bouteille et je l'ai fracassée contre sa tête.”