“Mon mariage parfait avec Ange Rinaldi, l'homme le plus puissant du Milieu marseillais, a pris fin le jour où mon père est mort. J'avais vingt-quatre ans, j'étais enceinte de son héritier, et je me croyais sa reine. Pendant deux jours, alors que j'organisais seule des funérailles, mon mari est resté injoignable. Puis une amie m'a envoyé une photo. Ange, à Genève, sa main enroulée dans les cheveux de la femme à ses côtés. C'était ma cousine, Camille. Il est rentré avec des mensonges sur un téléphone en panne et un sommet difficile. Cette nuit-là, j'ai trouvé son journal intime, et mon monde a volé en éclats. Il m'avait épousée parce que j'avais « les yeux de Camille ». J'étais un substitut. Notre enfant à naître n'était pas le fruit de l'amour. C'était un projet. Une fille qu'il prévoyait de nommer Hélène, en l'honneur de Camille, la qualifiant de « parfait petit morceau de la femme que je ne pourrai jamais vraiment posséder ». Je n'étais pas sa femme. J'étais une doublure. L'amour que je ressentais pour lui n'est pas simplement mort. Il a été assassiné. Le lendemain matin, j'ai fait glisser un dossier sur l'îlot de la cuisine. « Des formulaires de donation », ai-je dit. Il n'a même pas regardé avant de griffonner sa signature sur ce qui était en réalité les papiers finalisés de notre divorce. Son arrogance était mon arme. Cette nuit-là, alors qu'il dormait à côté de moi, sentant le mensonge et ma cousine, j'ai pris rendez-vous dans une clinique privée. Il voulait un héritage ? Je ne lui donnerais rien.”