“Mon mari, Cédric, a eu la promotion. Après trois longues années coincés dans cette petite ville de province, nous rentrions enfin au siège, à Paris. Mais quand je suis allée déposer notre dossier de mutation commun, la responsable des RH m'a jeté un regard plein de pitié. Cédric, m'a-t-elle expliqué, avait déjà rempli une demande de mutation pour une personne seule, en déclarant une nouvelle épouse : son amour de lycée, Chloé Morin. Un seul appel téléphonique, dans un état second, au service de l'état civil de la mairie a révélé la vérité foudroyante. J'avais signé mes propres papiers de divorce deux mois plus tôt, piégée par Cédric, qui m'avait fait croire que c'étaient des documents pour un investissement. Il s'était remarié le lendemain. Il a exploité mon talent d'architecte logiciel de haut niveau pour obtenir sa promotion, tout en orchestrant cette cruelle machination. J'avais sacrifié mes propres opportunités de carrière pour notre avenir, un avenir qu'il était déjà en train de construire avec une autre. La douleur était suffocante, mais la rage a consumé mon chagrin. J'ai pris mon téléphone, mes doigts fermes. J'ai appelé Éric Perrin, le Directeur Technique, l'homme qui m'avait offert un rôle de premier plan sur un projet à haut risque. « L'offre est-elle toujours valable ? » ai-je demandé, ma voix claire et dure comme de la pierre.”