“Mon mari, Grégoire de La Rochefoucauld, le magnat de l'immobilier, avait eu une liaison de cinq ans et un fils secret. Quand le scandale a éclaté, il est passé sur une grande chaîne nationale, le visage ravagé par le chagrin. Il a juré que j'étais la seule femme qu'il ait jamais vraiment aimée et qu'il passerait le reste de sa vie à regagner ma confiance. Je l'ai cru. Cette conviction s'est effondrée ce soir, lors d'un gala de charité. Je l'ai vu parler à voix basse avec sa maîtresse, Chloé, et j'ai surpris leur conversation. « La pauvre conne t'a vraiment cru », a-t-elle chuchoté. Grégoire a eu un petit rire. « Bien sûr. C'est pour ça qu'elle est si facile à manipuler. » Il a promis à Chloé qu'il me briserait lentement, d'abord mon cœur, puis mon esprit, jusqu'à ce que la fortune des La Rochefoucauld lui appartienne, à elle et à leur fils. La coupe de champagne m'a glissé des doigts, se fracassant sur le sol en marbre. Mon mariage parfait n'était qu'un mensonge cruel et élaboré. De l'autre côté de la salle, son regard a croisé le mien, sans panique, mais avec un calcul glacial. Il a pris le micro et a proposé de porter un toast à ma santé, à sa « magnifique épouse », la « lumière de sa vie ». La salle a éclaté en applaudissements pour ce mari dévoué. J'ai vu un monstre qui se cachait sous mes yeux. Il s'est penché vers moi alors que je me tenais à ses côtés sur scène, ses lèvres frôlant mon oreille. « Souris, ma chérie. Le monde entier nous regarde. » J'ai souri pendant que mon monde partait en fumée. Mais dès la fin de la cérémonie, je me suis éclipsée et j'ai réservé le premier vol pour quitter Paris. Je devais m'enfuir.”