“Ma sœur, Chloé, a trébuché lors d'un gala de charité, éclaboussant de sa boisson le précieux caniche de concours de Diane de Veyrac. Une simple erreur. La réaction, elle, ne le fut pas. Les gardes du corps de Diane, des hommes bâtis comme des armoires à glace, ont roué Chloé de coups avec une brutalité inouïe, la laissant pantelante sur le sol en marbre poli. Mon mari, Alexandre Moreau, le chef de la sécurité de Diane, m'a empêchée de la rejoindre. « Tu vas te taire, Élise », a-t-il dit, son visage un masque impénétrable, tandis que ses hommes emportaient ma sœur en sang. Il a balayé ses blessures d'un revers de main, prétendant qu'elle n'aurait pas dû effrayer le chien, et m'a interdit d'appeler la police ou de parler à la presse. Il a même menacé de tuer Chloé si je causais le moindre problème à Mme de Veyrac. Plus tard, il m'a forcée à jouer du violoncelle pour Diane jusqu'à ce que mes doigts saignent, avant de fracasser l'instrument. Puis il a exigé que je subisse une hystérectomie pour apaiser Diane, qui prétendait ne plus pouvoir avoir d'enfants à cause de lui. Je hurlais : « Ce n'est pas une dette, Alex. C'est un sacrifice. Et ce n'est pas toi que tu sacrifies. C'est moi ! » Il a laissé ses hommes m'entraîner dans une clinique privée où Diane, en blouse blanche, a regardé un médecin pratiquer l'opération sans anesthésie.”