“Raphaël la scruta un instant, surpris par son calme et la façon dont elle se tenait là, sans hâte, mais avec une assurance qui ne correspondait pas du tout à l'image qu'il s'était faite de sa nouvelle assistante. "Vous devez être Mme Morel," dit-il avec une pointe d'agacement dans la voix, ne pouvant réprimer son humeur maussade. "Je suppose que vous êtes celle que mon grand-père a décidée d'imposer aujourd'hui." Elle ne sembla pas déstabilisée par son ton tranchant. Elle s'avança d'un pas mesuré, lui tendant la main, tout en répondant d'une voix calme et posée : "Oui, je suis Isabelle Morel. Je suis ravie de commencer aujourd'hui, M. Delacroix." Elle avait l'air parfaitement détachée, comme si elle était habituée à être l'objet de jugements, à devoir prouver sa valeur aux autres. Mais cette calme assurance était à la fois irritante et fascinante pour Raphaël. Cela ne l'aidait pas à se détendre. Pourquoi avait-il l'impression qu'elle n'était pas impressionnée par lui, pas même un peu ? Cela l'irritait encore plus. Il la fixa un instant avant de secouer légèrement la tête, comme s'il essayait de chasser cette pensée...”