“Il n'appelait jamais les lignes d'écoute. La vie l'avait trop meurtri, et il avait cessé de croire en la lumière. Mais ce soir-là, alors que les ténèbres semblaient plus épaisses que jamais, il composa un numéro, non pour chercher du réconfort, mais pour dire adieu... à quiconque voudrait l'entendre. C'est alors qu'elle répondit. Berline. Ce nom, murmuré avec une douceur interdite, résonna dans son esprit comme une mélodie oubliée. Elle n'aurait pas dû le lui donner, mais elle l'avait fait. Et avec ce nom, elle avait offert bien plus : des mots qui allumèrent en lui une flamme qu'il croyait éteinte à jamais. Berline, avec sa voix chaude et ses phrases pleines de compassion, lui parla comme personne ne l'avait jamais fait. Elle ne le jugea pas, ne lui fit pas de sermon. Elle lui raconta des histoires, des fragments de sa propre vie, et lui fit entrevoir un monde où la douleur pouvait coexister avec la beauté. Chaque mot d'elle était une étincelle, ravivant en lui un désir qu'il avait enterré depuis longtemps : celui de vivre, ne serait-ce qu'un peu plus longtemps. Pour elle. Pour ce rire cristallin qu'elle laissait échapper entre deux phrases, un rire qui semblait contenir toute la lumière du monde. Et à ce moment, il se fixa un but ultime, celui de retrouver cette perle rare et d'en faire sienne. Pas par possession, mais par dévotion. Aucun des deux ne pouvait s'imaginer la tournure que prendrait leurs vies.”